L’OBJECTION DE CONSCIENCE EN GRECE
Angelos Nikolopoulos
Article mis en ligne le 9 juillet 2013
dernière modification le 5 janvier 2014
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Association des objecteurs grecs
Athènes


La conscription a été introduite en Grèce en 1911, peu avant l’engagement du pays dans une série de guerres successives (Guerre des Balkans, Première guerre mondiale, campagne en Ukraine, campagne d’Asie Mineure).

Jusqu’à 1970, l’objection de conscience venait exclusivement des Témoins de Jéhovah. Les tribunaux militaires les condamnaient à de lourdes peines, et après des condamnations successives étaient généralement incarcérés pour dix à quinze ans dans des prisons militaires. Durant la guerre civile (1946-1949), certains objecteurs ont été condamnés à mort et exécutés.

En septembtre 1977, le gouvernement (parti de droite), adopte la loi 731, sous la pression des organisations internationales, en particulier du Conseil de l’Europe. Ceux qui refusent d’être enrôlés à l’armée pour des raisons religieuses peuvent choisir entre un service non armé dans un camp, ou aller en prison militaire pour quatre ans, exemptés de tout autre appel après.

En 1986-1987, les premiers objecteurs non religieux sont apparus. Leurs déclarations sont subversives, elles concernent l’humanité, ne se limitent pas au refus d’une armée particulière ou d’un système politique, et promeuvent la non violence et la désobéissance civile. En 1987, Michalis Maragakis, âgé de vingt-huit ans, le premier objecteur connu pour avoir refusé publiquement son incorporation, est arrêté et condamné à quatre ans de prison. Le gouvernement persiste dans sa dûre attitude, malgré l’impressionnant mouvement de soutien qui se développe en Grèce et internationalement. Le manque de volonté politique est couvert par la considération de la non conformité de l’objection de conscience et du service civil avec la Constituton. Après son audience en appel en février 1988, la sentence de Maragakis baisse à vingt-six mois de prison. Le 22 du même mois, il commence une grève de la faim jusqu’au premier mai, quand le gouvernement, alarmé par le soutien international, déclare qu’il va étudier la question de l’objection de conscience d’une manière positive. Le 12 avril de la même année, Thanasis Makris est arrêté et commence un grève de la faim en solidatité avec Maragakis.

La situation change en mai 1991 quand Nikos Maziotis est arrêté. L’arrestation de Pavlos Nathanael suit en septembre. Ils déclarent comme motivation pour leur objection leur conviction anti-autoritaire, et affirment leur volonté de ne servir aucune forme de service alternatif. Ils sont condamnés à une année de prison avec sursis de trois ans et sont relâchés, en attente de nouveaux ordres, une pratique usuelle des autorités du recrutement. Maziotis est arrêté en octobre 1992. Il commence une grève de la faim qu’il cesse après cinquante jours avec sa libération.

En 1997, le Parlement grec décrète une loi introduisant un service social civil en alternative au service militaire (loi 2510 du du 27.06.1997) avec un grand retard par rapport au reste de l’Europe. Le terme d’objection de conscience est mentionné pour la première fois dans un texte légal, sans pour autant en faire la reconnaissance formelle d’un droit de l’homme. Ceci est clairement présenté dans le préambule où il est déclaré qu’user de cette possibilité des objecteurs, respectant toujours l’obligation et le caractère universel du service militaire, est nécessaire pour la mise en conformité du pays avec les obligations garanties par les conventions internationales.

La loi principale réglant le refus de la conscription pour des raisons de conscience aujourd’hui est la loi 3883/2010. Depuis mai 2010, une amende de 6.000 euros est imposée aux insoumis pour chaque poursuite d’insubordination. Tous les insoumis font face aux tribunaux militaires, même s’ils n’on jamais accepté l’identité militaire et ne se sont jamais fait recenser.

D’après la loi 3883/2010, le service alternatif dûre quinze mois, et le dervice militaire neuf et douze mois. Il y atoujours beaucoup de rejets de demandes par le Comité spécial. Les objecteurs grecs ne sont pas autorisés à effectuer le service près de leur domicile ni dans les grandes villes. A cela s’ajoute le peu d’argent qu’ils perçoivent par mois (223 euros pour logement, transport, nourriture et autres), cela prouve que le droit à l’objection est une faveur pour une minorité de personnes et non un droit.



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