Réunion du BEOC le 19 et 20 novembre 2016
Article mis en ligne le 20 janvier 2017

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Accueil Pacifisme en action : Le BEOC de retour à Athènes

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Les membres du Bureau européen de l’objection de conscience se sont retrouvés à Athènes,les 19 et 20 novembre, pour l’assemblée générale, une conférence de presse et des actions.Ils ont été accueillis par l’Association des objecteurs de conscience grecs.

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE s’est tenue dans le centre d’accueil pour des réfugiés Welcommon. Ce lieu appartient à un mi­nistère, mais il est animé par une équipe avec un esprit associatif et son coordinateur est un ancien objecteur. Il accueille actuellement des familles de réfugiés syriens et le contact avec les enfants a été très chaleureux.

Les participants venaient d’Allema­gne, de Belgique, de Chypre Nord, de Chypre Sud, d’Espagne, de Finlande, de France, de Grèce, de Suisse et de Turquie.

– Le rapport annuel sur la situation de l’objection de conscience, destiné en premier lieu au Parlement européen, a été commenté par Derek Brett, éditeur de Genève. La rédactrice de ce gros travail de soixante-deux pages, habitant Vérone, était absente, car elle représentait le BEOC à une réunion du Centre européen de la jeunesse. Les points nouveaux, depuis le rapport présenté à Ge­nève l’année dernière, ont été développés, et les actions de diffusion proposées.

– Il y a toujours des contacts avec le Parlement européen, une participation à la Cour des droits de l’homme du Conseil de l’Europe, et au Comité des droits de l’homme de l’ONU.

– Interventions du BEOC pour l’accueil de demandeurs d’asile réfugiés arménien, égyptien, turcs et syriens, et pour André Shefferd, des États-Unis, ac­tuellement en Allemagne.

– À Chypre Nord, il n’y a toujours pas de statut de l’objection de conscience : six verdicts de tribunaux militaires sont attendus. À Chypre Sud, deux nouveaux objecteurs se sont déclarés, trois réser­vistes ont été reconnus objecteurs et un appelé réserviste effectue un service civil ; à noter qu’il est passé de trente-trois mois à dix-neuf. En Grèce, plus de 50 % des demandes n’émanant pas de témoins de Jéhovah sont refusées, et les objec­teurs contestent la durée du service civil. En Finlande, on dénombre six cents ob­jec­teurs cette année, et près de quarante insoumis par an vont en prison. En Turquie, il n’y a pas d’avancées pour la reconnaissance de l’objection de conscience dans le contexte actuel. Il n’y a pas d’objecteurs en prison à la mi-novembre à notre connaissance.

LA CONFÉRENCE DE PRESSE s’est dé­roulée en fin d’après-midi, dans le même lieu, en présence d’une trentaine de personnes parmi lesquelles des journalistes et des avocats. Le coordinateur du centre de réfugiés a présenté l’action de sa structure.
Puis le président du BEOC, Friedhelm Schneider, a souligné le rôle du BEOC.
Derek Brett, notre expert, a présenté minutieusement le rapport annuel du BEOC sur l’objection de conscience au service militaire en Europe.

Sont intervenus un avocat, un représentant d’Amnesty international, un médiateur, nos camarades de Chypre, de Finlande et de Turquie, puis le premier objecteur grec (non Témoin de Jéhovah), mon ami Michalis Maragakis (que nous avions soutenu lors­qu’il était en prison, en 1988).

MANIFESTATION : Le dimanche, les membres du BEOC, de l’association des objecteurs grecs et de Monde sans violence ont fait une action sur une colline en face de l’Acropole. Michalis avait tenu à monter avec nous malgré ses béquilles.
Les pancartes reprenaient nos slogans : un service civil équitable pour les objecteurs, non à la guerre, non à la violence, paix et non violence.

Des ballons devaient symboliquement envoyer des messages de paix dans le monde, mais des associations environnementales nous ont demandé de ne pas les lâcher, car ce n’est pas bon pour l’environnement et le plastique pourrait tuer des animaux.

Une délégation a été reçue le lun­di 21, au ministère de la Défense, par le ministre adjoint (membre de Syriza). Elle a présenté les revendications des objec­teurs grecs : ne plus condamner plusieurs fois les objecteurs (non bis in idem), oc­troyer facilement le statut sans privilégier les religieux, réduire la durée du service civil actuellement discriminatoire, suppri­mer les lourdes amendes des objecteurs qui passent en procès, accepter les mises en demeure de la Cour européenne des droits de l’homme du Conseil de l’Europe et du Comité des droits de l’homme de l’ONU adressées au gouvernement grec en faveur des objecteurs.

Le ministre adjoint de la Défense se serait montré favorable à ces revendications et même à transférer la gestion des objecteurs à un ministère civil. Affaire à suivre donc.
La conférence de presse et la manifestation ont donné lieu à deux belles pages avec photos dans le principal journal de gauche. La prochaine réunion du conseil aura lieu à Bruxelles, au mois de mars 2017.

Le Rapport annuel sur l’objection de conscience est accessible sur le site ebco-beoc.org

Maurice Montet



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