L’ INTERNATIONALE DES RESISTANTS A LA GUERRE -I-
Andreas Speck
Article mis en ligne le 9 juillet 2013
dernière modification le 5 janvier 2014
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L’Internationale des Résistants à la guerre a été fondée en 1921 à Bilthoven, aux Pays-Bas. Refuser de prendre part à la guerre est aussi vieux que la guerre elle-même. Cependant, avec l’introduction de la conscription, plus effective pour le recrutement (pour la première fois en France en 1798), et l’arsenal de guerre moderne, la résistance à la guerre a dû s’organiser davantage. Tony Smithe, ancien secrétaire du Conseil de l’IRG, écrivait en 1967 : Les hommes ont toujours été enrôlés de force, réquisitionnés, conscrits et tyrannisés dans les armées de leurs gouvernements, mais la conscrition de masse moderne a été appliquée à une échelle qui en fait l’une des principales institutions répressive de notre époque, dans sa partie intégrale de concept de guerre totale. Dans une économie prise dans l’engrenage de de la préparation militaire, les hommes sont contraints de travailler dans des industries de guerre, puisque cela pourvoit une partie importante des emplois. Les scientifique et les techniciens sont appelés à prêter leur intelligence à la destruction, puisque la science et la technologie sont dans l’engrenage des besoins militaires. La pensée guerrière nous confronte à la communication de masse. Quand la guerre vient, les hommes cessent d’être des êtres humains, et sont appelés à être des cibles militaires.

Qu’entendons-nous quand nous parlons d’objection de conscience au service militaire ? Que voulons-nous accomplir ? Pour l’IRG, l’objection de conscience au service militaire a toujours été liée à la résistance à la conscription. En fait, une des principales campagnes lancées par l’IRG fut le Manifeste anti-conscription de 1926 : Nous appelons à des étapes précises vers un désarmement complet, et à la démilitarisation de l’esprit des nations civilisées. La principale mesure serait l’abolition universelle de la conscription.

Nous croyons que les armées de conscrits et d’officiers professionnels sont une grave menace pour la paix. La conscription entraîne la dégradation de la personne humaine et la destruction de la liberté. La vie en caserne, l’exercice militaire, l’obéissance aveugle aux ordres, aussi injustes et fous puissent-ils être, et l’entraînement délibéré au massacre, mine le respect de l’individu, la démocratie et la vie humaine. C’est avilir la dignité humaine de forcer des hommes à donner leur vie, ou infliger la mort contre leur volonté, ou sans conviction pour la justice de leur action. L’Etat, qui se donne le droit d’obliger ses citoyens à aller à la guerre, ne portera jamais attention à la valeur et au bonheur de ces vies en paix. De plus, par la conscription, l’esprit d’agressivité est impulsé à toute la population masculine à l’âge le plus impressionnable. En s’entraînant pour la guerre, les hommes en viennent à considérer la guerre comme inévitable et même désirable.

L’une des formes de résistance à la concription est l’objection de conscience. Mais,comme le faisait remarquer Pietro Pinna, membre italien de Conseil de l’IRG, c’est plus que simplement refuser le service militaire : L’objection de conscience est un point déterminant de l’action antimilitariste. Mais elle témoigne aussi d’une vie en cohérence avec ses idées, elle agit comme un but majeur du débat et de la mobilisation. Dans une large stratégie révolutionaire, l’objection de conscience offre une indication fondamentale, la prétention de responsabilité, d’autonomie et d’initiative personnelle. Elle sert de point de référence, comme paradigme, pour une extension du concept d’objection de conscience dans chaque autre secteur de la vie sociale.

En résumé, l’objection de concience est vue comme une action antimilitariste visant un changement social. Ce qui est important dans l’objection, qui par sa nature est toujours un acte individuel, même lorsque les actes sont posés collectivement, c’est qu’un individu prend la responsabilité de ses propres actes ou non-actes. La discussion sur les droits de l’homme, et celle sur la reconnaissance du drpoit à l’objection de conscience, est beaucoup plus limitée. Elle ne parle pas de la démilitarisation des sociétés, ni dun changement social. Elle cible les droits de l’homme et la liberté de conscience. Bien que ce soit juste et très important, nous devons aller au-delà.

Dans un rapport sur une discussion "conscription et stratégies autour de l’objection de conscience" à la conférence de l’IRG au Brésil en 1994, la discussion s’est résumée à : Dans les années précédantes, le débat des mouvements d’objecteurs aux Rencontres internationales des objecteurs de concience (ICOM), dont la dernière eut lieu au Tchad en 1996, nous a conduit à croire qu’en tant qu’objecteurs, ce pourquoi nous luttons basiquement est la démilitarisation de la société, alors que les Etats d’un autre côté veulent maintenir et promouvoir la militarisation. Au séminaire de l’IRG de l’été 2004 en Macédoine, un groupe de travail de militants s’accorda sur le fait que la reconnaissance du droit à l’objection de conscience n’était pas un but en soi, mais que cela pouvait être un important instrument vers la démilitarisation.

Et il montre l’acceptation sociale de l’objection de conscience, tout en décriminalisant les objecteurs. Mais une partie des objecteurs, dits insoumis totaux, refusent la collaboration avec le système de conscription, et en conséquence tout service de substitution. C’est un vieux débat au sein du mouvement objecteur.



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